Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 19:16


Fillon va proposer aux syndicats une méthode de travail



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PARIS, 25 mai 2007 (AFP)


Le Premier ministre François Fillon va proposer "dans les jours qui viennent" aux syndicats une "méthode" de travail sur les réformes prévues par le gouvernement, a indiqué vendredi le secrétaire général de la CFDT François Chérèque à l'issue d'un entretien avec Nicolas Sarkozy.


"On aura une lettre dans les jours qui viennent signée normalement par le Premier ministre qui nous propose la méthode après tous ces entretiens et la méthode sera différenciée selon les sujets", a-t-il dit aux journalistes.


Il a précisé que "certains sujets seront proposés à la négociation", citant "les accords pour les alertes sociales dans les entreprises publiques de transport", "les éléments de parcours professionnel et de contrat de travail" ou encore "la représentativité" syndicale.


M. Chérèque a affirmé que la question des délais n'a pas été évoquée mais devait être mentionnée dans la lettre de M. Fillon.


Sur la question du contrat de travail, Nicolas Sarkozy a souhaité "qu'on rende une copie si possible pour le début de l'année prochaine", mais "on a dit qu'on pourrait éventuellement redemander un mois ou deux si c'est possible pour finir la négociation (...) L'important ce n'est pas le délai, l'important c'est notre capacité de pouvoir arriver à des accords".


Le leader de la CFDT a souligné que "d'autres sujets seront entamés par des conférences qui auront lieu après l'été", comme "l'égalité entre les hommes et les femmes", les "conditions de travail" et "les problèmes de revenu et de pouvoir d'achat".


Il s'est ainsi félicité que le gouvernement "laisse du temps sur certains sujets à la négociation" avant de prendre des décisions. "La méthode que nous proposions, de laisser du temps à la négociation avant de passer sur des conférences, semble acceptée par le président de la République", a estimé le leader de la CFDT.


Interrogé pour savoir quelles avaient été les avancées lors de ces entretiens, il a répondu "que la méthode semble claire". Il a aussi cité le fait qu'un nouveau sujet - revenu et pouvoir d'achat - fera l'objet d'une conférence à la rentrée.


M. Chérèque a affirmé que "le problème du Smic va être abordé avec les ministres dans les jours qui viennent".


Globalement, le secrétaire général de la CFDT a jugé que la volonté de vitesse affichée par François Fillon était moins d'actualité. "La formule un, il n'y a pas beaucoup d'essence, ça roule jamais très longtemps, donc autant mettre de l'essence et que ça dure", a-t-il lancé.

Par Cédric
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 18:59


HEURES SUPPLEMENTAIRES

Fillon, Borloo et Bertrand à Matignon



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François Fillon réunit le gouvernement sur le dossier des régimes sociaux et fiscaux attachés aux heures supplémentaires.

Le Premier ministre François Fillon a réuni, vendredi 25 mai au matin, à Matignon les ministres Jean-Louis Borloo (Economie), Eric Woerth (Budget) et Xavier Bertrand (Travail) pour plancher sur les heures supplémentaires, a-t-on constaté. 

La réunion vise à étudier le dossier des régimes sociaux et fiscaux attachés aux heures supplémentaires, a précisé l'entourage du Premier ministre.

La défiscalisation et l'exonération de charges sociales des heures supplémentaires, destinées à "libérer le travail", figuraient dans le programme électoral de Nicolas Sarkozy. Le gouvernement souhaite les faire adopter dès cet été par le Parlement. 

Aucun des ministres présents vendredi ne s'est exprimé à son arrivée rue de Varenne.

Par Cédric
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 18:38

Une majorité pour servir la France


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François Fillon
Premier ministre
Réunion publique – Marseille - 23 mai 2007




Seul le prononcé fait foi



Cher Jean-Claude et cher Renaud,
Mes chers amis,

Il y a pratiquement un mois, jour pour jour, le 19 avril dernier, Nicolas Sarkozy, à Marseille, vous disait : « la France n’est pas finie. Elle est vivante dans le cœur de ceux qui l’aiment ! ».

Parce que je sais que vous aimez la France de toute votre âme,
parce qu’à Marseille, le drapeau tricolore est suffisamment beau et large pour rassembler tous les Français, quelles que soient leurs origines,
parce qu’à Marseille, l’union de la méditerranée peut renouveler les équilibres du monde,
parce qu’ici, le goût du grand large se confond avec le vent de la liberté,
parce qu’ici, la volonté est plus forte que la fatalité,
parce qu’à Marseille, une histoire peut devenir une destinée,
vous avez élu Nicolas Sarkozy à la présidence de la République Française !



L’homme que vous avez soutenu, en qui vous avez cru, cet homme qui vous a parlé avec son cœur, vous l’avez porté à l’Elysée et il est désormais au service de votre espérance.

Aujourd’hui, je veux vous dire que Nicolas Sarkozy est toujours le même.
Il conserve intacte sa volonté de rupture.
Il reste l’homme d’action que vous avez aimé.
Celui qui entend assumer ses responsabilités.
Il ne changera pas, il ne se dérobera pas, non seulement parce que cela n’est pas dans son style, mais parce que sa victoire n’est pas comme les autres.
Ce n’est pas une victoire par défaut.
Ce n’est pas une victoire du hasard.
C’est une victoire massive fondée sur une franche adhésion de notre peuple.

Les Français ont choisi une nouvelle façon de faire de la politique, et, mieux encore, une nouvelle politique.

Une nouvelle politique pour sortir de l’immobilisme qui nous a fait chuter dans les classements internationaux de la 11ème place à la 17ème place en terme de richesse par habitant.
Une nouvelle politique pour rompre avec cette logique économique et sociale sans perspective qui a amené les classes populaires à décrocher et les classes moyennes à trembler pour l’avenir de leurs enfants.
Une nouvelle politique qui tourne le dos à ceux qui, la main sur le cœur, parlaient de solidarité en confondant justice sociale et assistanat.
Une nouvelle politique qui brise les tabous qui vous empêchaient d’aimer la France comme elle le mérite.
Les Français ont choisi de ne plus entendre ceux qui leurs disaient que pour sortir de l’impasse il fallait repeindre l’impasse en rose.
Ils ont choisi de réformer plutôt que de patienter encore et encore.

Ils ont choisi d’entendre la vérité, plutôt de céder au vertige des illusions.

La vérité, c'est que la mondialisation, avec ses 6 milliards d'habitants assoiffés de progrès, exige que nous retroussions nos manches.

La vérité, c'est que l'on peut atteindre le plein emploi en réformant courageusement la fiscalité, le droit du travail, l’éducation et la formation tout au long de la vie.

La vérité, c'est que notre pays peut être désendetté s’il modernise son Etat et s’il arrête de vivre à crédit, sur le dos de ses enfants.

La vérité, c'est que l'on peut sauver notre contrat social si nous responsabilisons les Français.

La vérité, c’est que nous pouvons financer l’augmentation des petites retraites si nous allongeons la durée de cotisation et si nous engageons la réforme des régimes spéciaux.

La vérité, c’est que l’immigration doit être sérieusement maîtrisée car la France n’a plus les moyens d’être un Eldorado.


La vérité, c’est que pour que la France soit forte et généreuse, il faut que chaque citoyen donne à son pays autant qu’il reçoit de lui.

Oui, les Français ont choisi un cap, et ils ont, au surplus, choisi de regarder la vérité en face.
Après le 21 avril 2002, la déroute des régionales, le rejet du traité constitutionnel européen, on disait que les électeurs avaient définitivement sombré dans le cynisme, la désillusion et la contestation mécanique. Eh bien non ! Ils ont manifesté à l’occasion de ces présidentielles une étonnante volonté de construire autre chose et autrement.

Avec 84% de participation et plus de 53% des votants, le succès de Nicolas Sarkozy constitue, mes chers amis, une occasion historique de transformer la France en profondeur.

Je dis bien historique, car nous l’avons emporté avec un projet de rupture, un projet précis, un projet indiscutable.

De ce fait, nous avons entre nos mains un mandat clair, et, par là même, la chance de pouvoir changer d’époque.

Nous avons la chance de pouvoir redonner du souffle et du cœur à la politique.

Nous avons la chance de pouvoir bousculer les résistances et de faire sauter les blocages qui figent la société française depuis des décennies. Désormais, celle que l’on appelait la majorité silencieuse, cette majorité dont vous êtes et qui en a assez de voir qu’une minorité est capable de tout enrayer, a désormais pris la parole. Maintenant, c’est elle qu’on va écouter ! Et maintenant, c’est elle qui va décider !

Nous avons aussi, cher Jean-Claude, la chance de pouvoir imprimer des valeurs, des valeurs qui ont du sens, des valeurs que les Français ont, tout au long de la campagne, réclamées avec insistance : la valeur du travail, la valeur du mérite, la valeur de l’effort, la valeur du courage, la valeur de la responsabilité, la valeur du respect. Cette demande de valeurs est décisive car à l’origine de toute grande politique, il y a d’abord la morale et les vertus qui inspirent le peuple. Si la société ne croit en rien, alors le pouvoir ne peut rien, ne fait rien. En revanche, si la société se met à croire à des valeurs, alors c’est tout un peuple qui s’accorde sur l’essentiel et qui se met en marche.

La gauche n’a pas seulement perdu une élection, elle a, par son refus d’ouvrir les yeux sur le monde, par son conservatisme borné, perdu la bataille des valeurs. Pour tout dire, elle a perdu son magister intellectuel et moral.

Il est fini le temps où la fierté d’être français était dénigrée.
Il est fini le temps où le travail était considéré comme un facteur d’aliénation et non d’émancipation.
Il est fini le temps où le délinquant trouvait plus d’excuses que la victime ne trouvait de réconfort.
Il est fini le temps où l’entrepreneur était l’adversaire du travailleur.
Il est fini le temps où le cœur et la justice étaient le monopole réservé de la gauche.

Oui, tout cela est bel et bien fini car nous avons, avec Nicolas Sarkozy, réhabilité et modernisé nos valeurs et nous avons battu la gauche sur le terrain qu’elle prétendait le sien : celui des idées.

Nous avons enfin la chance, mes chers amis, de pouvoir nous attaquer aux racines des problèmes qui handicapent notre pays depuis 25 ans.

Sur l’emploi, sur l’égalité des chances, sur la sécurité, sur la réforme de l’Etat, sur l’Europe, sur l’identité nationale, nous pouvons aller au fond des choses.
C’est dire que nous pouvons agir au lieu de subir.
C’est dire que nous pouvons réorienter fortement le cours de notre destin national.

Maintenant, notre devoir est de nous montrer à la hauteur de la formidable attente qui est la vôtre. Cette attente, nous n’avons pas le droit de la diluer. Nous n’avons pas le droit de la trahir.

Cette attente exigeait un choc politique immédiat. Un choc démontrant que l’élection de Nicolas Sarkozy bousculait tout, y compris les vieux clivages politiques et les vieilles habitudes partisanes qui plaisent tant à la gauche.

Dans sa défaite, la gauche attendait la droite classique au pouvoir pour remonter la pente aux législatives.
Elle attendait que nous fassions comme avant.
Elle espérait que nous répétions les énièmes tactiques. Car elle escomptait encore et toujours nous diaboliser, nous stigmatiser, nous caricaturer.

Bref, la gauche attendait une vieille droite, crispée, dogmatique, et la voici foudroyée devant une droite et un centre modernes et conquérants !
Une droite et un centre modernes, sûrs d’eux-mêmes, rassemblant tous les Français quelles que soient leurs sensibilités politiques.
Une droite et un centre modernes décidés à réconcilier dans une synthèse nouvelle, la liberté économique et la justice sociale, la croissance et le développement durable, la fierté nationale et l’engagement européen, l’identité française et l’universalisme.

Oui, la gauche attendait, espérait, que nous retombions dans les clichés et les poncifs d’autrefois, et voilà que la nomination du gouvernement annonce avec fracas une nouvelle donne politique.

Ce gouvernement, j’ai l’honneur de le conduire.
Sachez que je ne suis pas à Matignon pour les honneurs mais pour servir les Français.
Je n’y suis pas pour oublier la réalité mais pour y être plongé. Je n’y suis pas pour négliger nos engagements mais pour les tenir.
Je n’y suis pas pour faire comme avant, mais pour faire autrement.

C’est un gouvernement qui respecte la parité entre les hommes et les femmes.
Cette parité légitime et nécessaire, tout le monde en parlait, tout le monde la réclamait, et la gauche n’était pas la moins avare de conseils en la matière… Eh bien voici que c’est nous qui l’avons concrétisée, et vous pouvez en être fiers.

La nomination de Rachida Dati, au poste de garde des sceaux, ministre de la justice, a un sens qui honore la France républicaine que j’aime et que je veux. C’est la France du mérite, c’est la France riche de ses différences et qui mobilise tous ses talents, c’est la France qui ne juge pas les êtres sur leurs origines ou sur la couleur de leur peau, mais sur ce qu’ils ont au fond du cœur.

C’est aussi un gouvernement resserré car lorsque la tâche est aussi exigeante il faut une équipe de mission.
Une équipe où la collégialité ne soit pas simplement un mot mais une réalité de tous les instants.
Une équipe où le débat soit possible.
Une équipe qui assume collectivement les décisions stratégiques qui ont été tranchées en son sein.
Cette équipe resserrée, c’est un gage d’efficacité et de modernité.
Je suis fier que, dans ce domaine aussi, nous innovions.

C’est enfin un gouvernement d’ouverture. Ah l’ouverture : on en a entendu parler dans cette campagne ! De madame Royal à monsieur Bayrou, tout le monde était parait-il disposé à travailler avec tout le monde. Nous, nous n’en avons pas fait un discours de campagne, nous en avons fait une réalité !

Rien ne nous y obligeait, et c’est précisément pour cela que notre ouverture a du prix.
Croyez-moi, il faut beaucoup de force et de grandeur pour ne pas céder à la tentation partisane lorsque la victoire est là.
Et cette force, Nicolas Sarkozy l’a eu.
Il faut aussi être animé par un profond sens de l’intérêt général pour ne pas se limiter à son camp quand vous avez la possibilité d’imposer vos vues à ceux qui vous ont combattu autrefois.
Ce sens de l’intérêt général, Nicolas Sarkozy l’a eu.

Il nous avait prévenu : il nous avait dit qu’il serait le Président de tous les Français. Ceux qui ne le croyaient pas, ceux qui l’accusaient d’être l’homme d’un clan en sont pour leur frais ! Il est l’homme de la nation.

Et cette ouverture qu’il a voulue et construite est le symbole d’un rassemblement qu’aucun autre gouvernement n’a su concrétiser avec une telle force.

D’Alain Juppé à Bernard Kouchner, d’Hervé Morin (président du groupe UDF à l’Assemblée nationale) à Eric Besson (ancien responsable du parti socialiste), nous avons bousculé toutes les frontières partisanes, nous avons percuté tous les préjugés et les scénarios écrits d’avance.
Nous l’avons fait, parce que les défis du 21° siècle n’ont rien à voir avec ceux des siècles précédents.
Nous l’avons fait parce que les solutions ne sont plus binaires.
Nous l’avons fait parce que nos concitoyens attendent de leurs responsables politiques qu’ils cessent de manier l’exclusive et qu’ils pratiquent le dialogue, la synthèse, le travail d’équipe.
Nous l’avons enfin fait parce qu’il n’y a jamais eu, à nos yeux, un peuple de droite contre un peuple de gauche, mais un seul peuple : le peuple français, capable d’unir ses forces dans les grandes occasions.
Nous l’avons fait parce que pour changer en profondeur la France il faut savoir la rassembler.

La gauche hurle au débauchage.
Elle se déchaîne sur ses propres amis d’hier.
Elle traite en pestiférés ceux qu’elle encensait il y a quelques semaines encore.
A quand la critique des électeurs eux-mêmes : ceux de droite naturellement, mais aussi ceux de gauche qui nous ont rejoint, ceux du front national ?
Il y a un mois, le parti socialiste proposait de gouverner avec le centre. Aujourd’hui, il insulte ceux qui ont eu le courage, ou tout simplement le bon sens, de nous rejoindre.
Ce qui était une bonne idée hier lorsqu’elle venait de la gauche, est désormais une manœuvre et une hérésie car elle vient de la droite.
Cette mauvaise foi et cette agressivité sont la preuve qu’avec l’ouverture nous ne sommes pas dans le gadget, mais bien dans une très sérieuse remise en cause des clivages intellectuels et politiques.

Laissons la gauche à ses règlements de compte, ses excommunications et ses procès de Solferino. Nous, nous changeons la politique, nous tendons la main, nous construisons un rassemblement, qui est une chance pour notre famille politique, pour notre gouvernement, et surtout pour notre pays.

Cette ouverture s’effectue dans la diversité mais elle s’engage aussi dans la clarté. Ceux qui nous rejoignent le font sur un projet que nous avons porté durant la campagne. C’est un projet dont la clarté nous impose un devoir : celui de l’accomplir.

Ce que nous avons promis, nous allons le réaliser.
Nous avons trois priorités immédiates.

La première, c’est la sécurité des Français. Face à la violence et la délinquance il ne faut pas céder d’un millimètre. Face à la violence et la délinquance nous allons faire ce que nous avons dit ! La question des mineurs délinquants et celle des multirécidivistes seront traitées dès le mois de juillet.

Le sentiment d'impunité qui existe chez certains voyous est inadmissible. Je n'accepte pas que dans notre République des femmes et des hommes soient obligés de baisser le regard lorsqu'ils marchent dans leur quartier pour ne pas être agressés. Je n'accepte pas que dans notre République un père de famille voit son fils gagner dans la rue en une journée ce qu’il gagne en un mois à l’usine. Il faut des règles morales et civiques. Et il faut les faire respecter.

La seconde priorité, c’est la revalorisation du travail.
Sur ce sujet, le temps des hésitations est fini !
Il est fini car depuis 25 ans nous vivons avec un chômage supérieur à la moyenne européenne.
Il est fini, car depuis 15 ans la croissance de notre économie est trop faible.
Il est fini, car depuis 10 ans, le pouvoir d’achat se dégrade.

Nous visons, d’ici cinq ans, le plein emploi et nous sommes bien décidés à nous en donner les moyens.
Nous l’avons dit et nous le ferons tout de suite : nous allons libérer les heures supplémentaires.
A l’automne, tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le pourront !
C’est une révolution culturelle !

En France, la valeur travail est de retour !
C’est elle qui nous permettra d’aller à la conquête de la croissance ; c’est elle qui nous permettra de sortir de la paupérisation salariale ; c’est elle qui nous permettra de financer notre pacte social car c’est par notre productivité que nous finançons nos écoles, nos hôpitaux et nos servies publics.

Parce que nous vous l’avions promis, nous voulons, dès cet été :

- que les seniors ne soient plus considérés comme des "vieux" qu'il faut écarter du marché de l'emploi, mais comme des salariés expérimentés qu'il faut valoriser ;

- défiscaliser le travail étudiant ;

- permettre la déduction des intérêts d’emprunts immobiliers, car il faut que les Français aient la possibilité de devenir majoritairement propriétaires, car la propriété, c’est la sécurité pour sa famille, c’est la confiance en l’avenir ;
- cet été toujours, nous supprimerons aussi les droits de succession, parce qu'il nous apparaît moral que chaque famille au seuil de sa vie puisse transmettre le fruit de ses efforts sans être lourdement taxée.
- Nous instaurerons le bouclier fiscal à 50% de l’ensemble des revenus et l’investissement direct dans le capital des PME. N’en déplaise à la gauche, je préfère voir les fortunes rester en France, financer notre pacte social et nos entreprises, plutôt que de fuir à l’étranger et enrichir nos concurrents.

Avec ces premières mesures, nous voulons provoquer un choc de confiance. Nous voulons booster la croissance.

Cette dynamique sera complétée par une réforme fondamentale : celle de nos universités.
Depuis plus de vingt ans, rien n’a bougé en la matière. Toute initiative a été tuée dans l’œuf par les spécialistes du statu quo. Le résultat est là : la France a décroché sur le plan universitaire et scientifique au moment même où le savoir et la matière grise devenaient le moteur de la croissance internationale.
Les universités françaises qui étaient les meilleures du monde ont disparu dans la profondeur des classements internationaux.
La démocratisation de l’enseignement supérieur est venue se briser sur le mur de l’échec qui frappe près de 50% de nos étudiants dès la première année de licence.
Tout cela je ne l’accepte pas. Là encore, le temps de l’action est venu !

Il est venu sur la question de l’immigration qui fera l’objet d’un projet de loi durant l’été. Depuis des siècles la France est une terre d’ouverture et d’intégration. Elle doit le rester, comme elle doit demeurer une terre d’asile, une terre d’accueil pour ceux qui aiment la France, qui veulent bâtir leur vie avec nous. Avec le Président de la République nous avons dit que nous allions passer d’une immigration subie à une immigration choisie.

La France a le droit et même la responsabilité non négociable de choisir qui elle veut accueillir et sous quelles conditions.

Pour nous, les choses sont claires : nous ne souhaitons pas qu’on puisse vivre en France sans parler le Français et sans respecter notre culture et les valeurs républicaines pour lesquels nos parents se sont battus parfois jusqu’au sacrifice de leur vie. Nous n'accepterons plus que l'on puisse faire venir toute sa famille lorsque l’on n’a pas de travail et lorsque l'on ne dispose pas des moyens de l'accueillir dignement.

La générosité, ce n'est pas ouvrir les frontières à tout le monde sans se soucier de la façon dont les étrangers vont subsister et s'intégrer. La fraternité, ce n'est pas d’accueillir dans n’importe quelles conditions ceux qui viennent vers nous.

C'est pour cela que, comme promis, nous avons créé un grand ministère de l'immigration, de l’intégration, de l'identité nationale et du co-développement car les étrangers d’aujourd’hui seront les Français de demain. Il n'y a rien de choquant à dire que les étrangers qui s'installent régulièrement chez nous ont vocation à s'approprier l'héritage du pays des droits de l'homme, de Victor Hugo et du Général de Gaulle. Il n'y a rien d'outrageant à ce que notre patriotisme soit mis en partage.
L’identité nationale n’est pas une notion dépassée, ce n’est pas non plus une valeur figée. L’identité française n’est pas la même aujourd’hui qu’au 19° siècle ou même qu’au 20° siècle. Tous les étrangers qui ont choisi de vivre dans notre pays ont enrichi l’identité nationale, les italiens, les polonais, les portugais, les maghrébins, les africains, les asiatiques, tous ont apporté la richesse de leur culture et de leurs traditions et ont contribué à forger une nouvelle identité française. Mais il y a des valeurs pour lesquelles nos parents et nos grand parents se sont battus qui sont intangibles, qui ne sont pas négociables, que nous n’accepterons à aucun prix de remettre en question.

C’est le cas de la séparation de l’église et de l’Etat qui garantit la liberté religieuse.

C’est aussi le cas de l’égalité entre les hommes et les femmes.
Nous ne pouvons pas accepter, qu’au nom de la diversité culturelle et du respect des traditions, les femmes puissent être voilées, mariées de force, mutilées, empêchées de travailler, d’étudier, de se faire soigner. Où serait le progrès ?


Que resterait-il de la République si l’on suivait les raisonnements à courte vue de cette gauche empêtrée dans les bons sentiments qui n’a été capable ni d’interdire le voile à l’école, ni de protéger les femmes et les minorités des discriminations!


Le temps est également venu, mes amis, sur la question du service minimum. Les Français le veulent, et qui osera prétendre que leur requête est illégitime ?
Sur cette question, je veux, avec le Président de la république, une solution qui réponde à leur attente. Je le dit sereinement : le droit de grève est indiscutable, mais la continuité du service public l’est tout autant. Je suis un homme d’écoute. Je respecte les partenaires sociaux. Je ne suis pas un idéologue. Mais je suis aussi un réformateur décidé !
Décidé à tenir nos engagements.
Décidé à être fidèle à la confiance que les électeurs ont placé en nous.
Décidé à toujours choisir l’intérêt général contre les intérêts particuliers si légitimes soient ils !

L’élection présidentielle nous a donné un mandat qui n’est pas contestable.
J’en serai le garant car les Français ne supportent plus les renoncements, les capitulations devant une pensée unique qui n’a réussi qu’à accroître les injustices et les inégalités qu’elle prétendait combattre.

Mes chers amis,

J’en prends devant vous l’engagement : nous allons avancer. Nous ne calerons pas en chemin.

Mais pour cela, il faut passer l’étape des législatives. Car sans majorité à l’Assemblée nationale, rien de tout ce que nous avons fait ensemble ne pourra être réalisé. Aucun de nos espoirs ne pourra être concrétisé. Nos rêves d’une France plus forte, plus grande et plus généreuse s’évanouiront.

Une nouvelle campagne électorale a commencé. Ici, dans les Bouches du Rhône, avec Jean Claude Gaudin, Renaud Muselier et tous les candidats qui portent nos couleurs, je vous demande une mobilisation totale.
Pour Roland Blum, mobilisez-vous !
Pour Dominique Tian, mobilisez-vous !
Pour Jean Roatta, mobilisez-vous !
Pour Bernard Susini, mobilisez-vous !
Pour Guy Tessier, mobilisez-vous !
Pour Nora Remadnia-Preziosi, mobilisez-vous !
Pour Valérie Boyer, mobilisez-vous !
Pour Bernard Deflesselles, mobilisez-vous !
Pour Richard Mallie, mobilisez-vous !
Pour Christian Kert, mobilisez-vous !
Pour Eric Diard, mobilisez-vous !
Pour Alain Aragneau, mobilisez-vous !
Pour Maryse Joissains-Masini, mobilisez-vous !
Pour Léon Vachet, mobilisez-vous !

Je vous demande de ne pas céder à la facilité et au triomphalisme.
Je vous demande d’aller au devant de tous les électeurs avec la volonté de convaincre et non pas de vaincre.
Car il ne s’agit pas de battre une France contre une autre.
Il s’agit au contraire d’entraîner et de rassembler.

Les Français ont voté pour une rupture, dites leur que nous la concrétiserons !
Les Français ont voté pour le changement, dites leur que nous allons l’engager !
Les Français ont voté pour réhabiliter le travail, dites leur que nous allons le réhabiliter !Les Français ont voté pour l’identité de la France, dites leur que nous allons la ranimer car nous en sommes fiers !
Les Français ont voté pour l’autorité de l’Etat, dites leur que nous allons la restaurer !

Les Français ont voté pour que le défi de l’environnement soit relevé, dites leur que nous sommes décidés à être à la hauteur de l’enjeu.

Les Français ont voté pour une transformation de notre pacte social qui redonne à la justice et à l’égalité des chances une crédibilité aujourd’hui en faillite. Dites leur que nous allons le transformer !

Les Français ont voté pour que la voix de la France soit respectée en Europe et influente dans le monde. Dites leur que le Président de la république est à l’initiative pour replacer notre pays au cœur de l’Union européenne. Dites leur que nous ferons entendre la voix de notre nation partout où les valeurs qu’incarne la France sont attendues !

Nicolas Sarkozy a besoin d’une majorité décidée et créative.
Il a donc besoin de vous.

Ce soir, à Marseille, dans cette ville généreuse et ouverte sur le monde, je vous demande une majorité pour servir la France.
La France qui refuse la fatalité.
La France qui choisit son destin.
La France qui croit à l’universalité de son message.
La France qui se met en mouvement parce qu’elle sait d’où elle vient, ce qu’elle veut et où elle va.

Auprès de vous qui avez tant donné dans cette campagne, je viens dire que votre espérance est en marche. Nicolas Sarkozy a puisé ici, à la veille du premier tour, l’énergie de proclamer que tout pouvait devenir possible. Aujourd’hui, je vous dis que tout est possible.

Vive la République.
Et vive la France.

Publié dans : Discours
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 18:22


Devant des policiers, Fillon promet d'être intraitable



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VITRY-SUR-SEINE, Val-de-Marne (Reuters) - En visite dans un commissariat du Val-de-Marne, François Fillon a déclaré jeudi que la sécurité était la première priorité de son gouvernement.


Accompagné de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, le Premier ministre a rencontré pendant une heure les policiers d'un commissariat de Vitry-sur-Seine, à qui il a promis d'être "intraitable" dans la lutte contre la délinquance.


"La sécurité des Français reste la première des priorités du gouvernement", a expliqué François Fillon.


"La sécurité, c'est une priorité absolue. Après, il y a tout le reste, la croissance, l'emploi, qui sont fondamentaux, mais à quoi sert d'avoir de la croissance si on ne vit pas en sécurité sur un territoire comme celui de la démocratie française ?", s'est-il interrogé.


Devant les fonctionnaires de police et la presse, il a promis : "Nous serons intraitables sur les questions de sécurité. Ca veut dire que nous continuerons à mettre l'accent sur la priorité aux moyens à la fois humains et techniques pour la sécurité".


Le Premier ministre a également souligné qu'il renforcerait "l'arsenal juridique", citant les deux textes qui doivent être soumis au Parlement en juillet sur les "peines plancher" pour les multirécidivistes et sur les mineurs délinquants.


SYSTEME D ET RECUPERATION


Les policiers ont exprimé quelques demandes, un membre de la brigade anti-criminalité expliquant par exemple qu'un téléphone portable serait utile à son équipe.


"Les deux maîtres-mots de la sécurité publique, c'est souvent 'système D' et récupération", a expliqué la commissaire divisionnaire Nelly Jauneau-Poirier, chef du district de police de Vitry-sur-Seine.


"Les fonctionnaires travaillent souvent avec leur propre portable pour joindre leurs informateurs, donc c'est leur numéro" qui s'affiche, a-t-elle ajouté.


Interrogé par un journaliste sur le besoin de moyens supplémentaires alors que Nicolas Sarkozy a passé quatre ans au ministère de l'Intérieur, François Fillon a déclaré : "Ce que nous avons voulu faire avec Nicolas Sarkozy, c'est marquer une vraie rupture, y compris avec la période récente".


"Nous pensons qu'il y a des arbitrages, des priorités, qui doivent être encore plus affirmés et nous allons le montrer dans les prochaines décisions qui seront prises tant sur le plan législatif que sur le plan des moyens de la police, des forces de sécurité", a-t-il ajouté.


Michèle Alliot-Marie s'est dite "très heureuse" d'être aux côtés du Premier ministre. "Comme ça me garantit de très bons arbitrages budgétaires, je suis ravie", a-t-elle expliqué dans un grand sourire.

Par Cédric
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 18:10


À Marseille, le premier ministre tient 
son premier discours de chef de campagne






Il était hier soir en meeting pour soutenir les seize candidats UMP dans les Bouches-du-Rhône.

 
ÉVIDEMMENT, cela n'a plus rien à voir avec la campagne présidentielle. Dans l'auditorium du parc Chanot à Marseille, environ mille cinq cents militants UMP ont tenté hier soir de mettre de l'ambiance pour le premier meeting des législatives. Il y a un mois, au même endroit, ils étaient dix fois plus nombreux pour supporter Nicolas Sarkozy, à la veille du premier tour de la présidentielle.
 
Peu importe le nombre ! C'est avec la même musique qui accompagnait le candidat à la présidentielle que François Fillon, suivi par Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier, dirigeants UMP locaux, fait son entrée dans la salle. A la tribune, Muselier se charge de fustiger le PS. « Le pauvre François Hollande s'époumone à crier dans le désert»mobilisation*. Ses amis lui répondent»recomposition* », ironise l'ex-secrétaire d'État. Le maire de Marseille se réjouit lui de la « composition du gouvernement » même s'il n'y a aucune personnalité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Confiant pour les législatives, il en décrit ainsi l'enjeu : « La victoire du 6 mai, c'est comme un billet de cinq cents euros coupé en deux. Maintenant, il faut aller chercher la deuxième moitié les 10 et 17 juin. »
 
« L'Élysée a changé de style »
 
Fillon se félicite des premiers signes de la rupture : « L'Élysée a changé de style. Il suffit de regarder les huissiers totalement étonnés de voir courir dans tous les sens le président de la République, parfois en short et en baskets, parfois avec le premier ministre. » Mais au-delà de l'anecdote, Fillon veut y voir le signe d'une « rénovation politique ». La « rupture » et la « vérité », voilà son credo. « Les Français, dit-il, ont choisi d'entendre la vérité plutôt que céder au vertige des illusions. » Puis, il défend son gouvernement « d'ou­verture ». « La gauche attendait, espérait que nous retombions dans les clichés et les poncifs d'autrefois et voilà que la nomination du gouvernement annonce avec fracas une nouvelle donne politique. » Il con­clut son premier discours de chef de campagne en égrenant les noms des seize candidats locaux. « Nicolas Sarkozy a besoin d'une majorité décidée et créative. Je vous demande à mon tour une majorité pour servir la France. » En recueillant 58,03 % dans les Bouches-du-Rhône, Sar­kozy a déjà préparé le terrain. Du coup, Gaudin espère ravir un ou deux sièges à la gauche et porter le nombre de députés à treize ou quatorze sur seize.


© Article publié dans Le Figaro le 24.05.07
Par Cédric
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 19:34

 


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Le conseil des ministres devient une instance de débat
  
Nicolas Sarkozy bouleverse l'ordonnancement immuable du conseil des ministres pour en faire une instance de débat. Signe supplémentaire du changement de style impulsé par le nouveau président, un échange informel sur un sujet d'actualité aura lieu toutes les semaines à la fin du conseil, a annoncé mercredi la porte-parole du gouvernement Christine Albanel.
 
Jusqu'ici, le conseil des ministres comptait trois parties, A (projets de loi et décrets), B (nominations) et C (communications). Dorénavant, il y aura une partie D comme débat, a précisé Mme Albanel.
 
"Le président de la République avait déjà indiqué lors du premier conseil des ministres qu'il souhaitait que ces conseils n'aient pas un caractère figé, formel. Il souhaitait un vrai travail fécond. Cela se traduit par cette partie D, qui est vraiment une nouveauté", a expliqué la porte-parole du gouvernement.
 
Dans ce débat, "n'importe quel ministre peut prendre la parole" pour une intervention qui doit se situer "au niveau de l'intérêt général et ne pas simplement relayer les problématiques de son secteur", a expliqué Mme Albanel. Ces échanges resteront confidentiels et ne seront pas rapportés à la presse.
 
Le débat de mercredi, deuxième conseil des ministres du nouveau gouvernement, a porté sur la défiscalisation des heures supplémentaires, une promesse du candidat Sarkozy à l'ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement en juillet. Il a été ouvert par le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, et tous ceux qui le souhaitaient ont pris la parole. M. Sarkozy a donné la parole aux ministres en les appelant parfois par leur prénom, selon Mme Albanel. Il a conclu le débat. Résultat: le conseil des ministres a duré 1h45, contre une heure en moyenne sous la présidence de Jacques Chirac.
 
Les ministres ont apprécié l'innovation, rendue possible par le fait qu'il n'y a plus que 15 ministres autour de la table -raccourcie- du Conseil. Les secrétaires d'Etat n'y assistent que s'ils sont concernés par un point de l'ordre du jour.
 
"Il paraît que c'était très académique. Là, on travaille vraiment, il y a des échanges", s'est réjouie la néophyte Christine Boutin (Logement). "On s'exprime plus, ça discute beaucoup plus. Il y a un vrai dialogue", a remarqué Christine Lagarde (Agriculture), qui a connu les conseils présidés par Jacques Chirac en tant que ministre déléguée au Commerce extérieur.
 
"C'est une innovation extrêmement heureuse", a estimé l'ancien dirigeant socialiste Eric Besson. Le secrétaire d'Etat à la Prospective a apprécié de pouvoir s'exprimer sur la question des 35 heures alors qu'il n'est "que secrétaire d'Etat".
 
Ces débats informels en conseil des ministres sont une illustration supplémentaire du changement de style donné par Nicolas Sarkozy à la présidence depuis son installation à l'Elysée. A la différence de son prédécesseur, le nouveau président s'engage dans les affaires intérieures et veut intervenir régulièrement devant les Français. On l'a vu faire son jogging au Bois de Boulogne ou au Fort de Brégançon et mettre en avant sa famille lors de la cérémonie d'investiture.
 
Nicolas Sarkozy n'a cependant pas tout changé dans la pompe des conseils des ministres. Comme avant, le Premier ministre arrive une demi-heure avant pour son entretien d'avant-conseil avec le président. Les ministres les attendent en prenant un café. Personne ne tutoie le président dans l'enceinte du conseil et aucun ministre ne reprend la parole lorsqu'il conclut un débat.
 


Les ministres seront imposés sur leurs logements de fonction 
 
Petite révolution dans les ministères. Les logements de fonction attribués aux ministres seront assimilés à des avantages en nature et imposés selon le droit commun, a annoncé mercredi la porte-parole du gouvernement Christine Albanel à l'issue du conseil des ministres.
 
Les effectifs des cabinets ministériels seront désormais limités à 20 collaborateurs,
 
Lors du conseil, le Premier ministre François Fillon a "fait adopter le principe selon lequel, dans le cas où un logement de fonction est attribué à un membre du gouvernement, celui-ci donne lieu à une imposition de droit commun", a expliqué Mme Albanel. L'avantage en nature entrera dans le calcul de l'impôt sur le revenu et le logement sera assujetti aux taxes locales.
 
Cette décision répond au souhait de Nicolas Sarkozy de "mettre fin à tout privilège injustifié des membres du gouvernement" deux ans après l'affaire Hervé Gaymard. Le ministre de l'Economie avait dû démissionner après avoir voulu louer un appartement de 600 mètres carrés aux frais de l'Etat.
 
Lors du conseil M. Fillon a par ailleurs rappelé aux membres du gouvernement la "nécessité de s'en tenir à un nombre réduit de collaborateurs" dans la constitution de leur cabinet. Ce nombre sera "en général 20" pour les 15 ministres, a expliqué Mme Albanel. Les secrétaires d'Etat devront pour leur part se contenter de trois ou quatre collaborateurs.
 
"Le gouvernement entend s'appuyer pour la mise en oeuvre de sa politique sur les administrations dont il dispose, en faisant confiance aux fonctionnaires qui les composent", a souligné la porte-parole du gouvernement. Cette décision est destinée à enrayer l'inflation des cabinets ministériels qui prennent de plus en plus la place des administrations.
 
Par Cédric
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 18:51




Fillon détaille son agenda
 
François Fillon a détaillé mercredi les premiers éléments de l'ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement réunie après les législatives pour adopter les premiers projets de loi promis par Nicolas Sarkozy.

A l'ordre du jour de cette session convoquée "jusqu'à fin juillet ou début août", un paquet fiscal et social mettra en oeuvre la détaxation fiscale et sociale des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers de l'impôt sur le revenu, la suppression des droits de succession pour la quasi-totalité des patrimoines, le bouclier fiscal à 50% sur tous les revenus, la possibilité d'investir dans les PME en franchise d'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l'interdiction des "parachutes dorés". Son objectif est de "gagner un point de croissance supplémentaire" pour la porter de 2,25% à 3%, a expliqué M. Fillon sur Europe-1.

Deux textes seront présentés par la garde des Sceaux Rachida Dati pour mettre en oeuvre les engagements du candidat Sarkozy dans le domaine de la sécurité: les peines plancher pour les mineurs multirécidivistes et l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans.

Le quatrième projet de loi, présenté par le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux, durcira les conditions du regroupement familial, conformément à une autre promesse de Nicolas Sarkozy.

La réforme de l'université, qui suscite déjà des inquiétudes parmi les syndicats étudiants, sera elle aussi "votée au mois de juillet", selon M. Fillon. Cette réforme consistera à donner de "l'autonomie aux établissements" pour leur permettre de "retrouver l'excellence", sans "instaurer une sélection à l'entrée de l'université", a assuré le Premier ministre.

Ce texte ne figure cependant pas dans les projets de loi mentionnés à l'issue du conseil des ministres par la porte-parole du gouvernement Christine Albanel. Son inscription à l'ordre du jour de la session extraordinaire "est une possibilité" mais "les choses ne sont pas arrêtées", a-t-elle dit.

Le nouveau gouvernement ne souhaite en revanche pas passer en force sur le service minimum dans les transports. Un projet de loi sera proposé en septembre si la concertation avec les syndicats n'a pas abouti à la fin de l'été, a confirmé M. Fillon. Le gouvernement va toutefois présenter une "architecture" de ce texte "dans les prochains jours".

Sur tous ces sujets, Nicolas Sarkozy et le gouvernement vont aller vite pour montrer aux Français que le nouveau pouvoir agit. "Notre pays a besoin d'un électrochoc, on n'a pas le temps de réfléchir, d'attendre, de prendre notre temps", a déclaré M. Fillon.

Le Premier ministre prendra en revanche tout son temps sur le projet de fusion entre GDF et Suez, sur lequel Nicolas Sarkozy était plus que réservé. Il se donne jusqu'à la fin juin, début juillet pour étudier les alternatives.
 


La réforme de l'université votée en juillet

Alors que la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse reçoit les acteurs du secteur universitaire cette semaine, le Premier ministre François Fillon a précisé mercredi que la réforme de l'université serait "votée au mois de juillet" lors de la session extraordinaire du Parlement.

"Nous allons engager une réforme très, très importante pour l'avenir de notre pays, peut-être l'une des plus importantes: la réforme de l'université", a-t-il souligné sur Europe-1, précisant que "ce sera voté au mois de juillet".

Le chef du gouvernement a précisé à "ceux qui ont commencé à s'opposer à cette réforme qu'il n'est pas question d'instaurer une sélection à l'entrée de l'université", puisque "c'est le bac" qui fait office de sélection.

"Il n'est pas question non plus d'augmenter les droits d'inscription, il est question de donner de l'autonomie aux établissements pour qu'ils puissent s'organiser comme ils l'entendent, recruter comme ils l'entendent, créer les enseignements qu'ils veulent", a-t-il indiqué. Autant de prérogatives "sans avoir besoin de demander l'autorisation à des tutelles qui ne sont pas les mieux placées pour juger de ces questions".

Le but est de "leur permettre de retrouver l'excellence" alors qu'après avoir "été les meilleures du monde", elles "ont disparu dans les profondeurs du classement international", a déploré François Fillon. Et de rappeler que "la démocratisation tant souhaitée, en particulier par la gauche, s'est brisée sur le mur de l'échec, puisque 50% des étudiants échouent en première année".

Les déclarations de François Fillon interviennent alors que la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse reçoit à partir de ce mercredi et jusqu'à la fin de la semaine les syndicats d'étudiants, d'enseignants et les représentants des présidents d'universités. Elle a expliqué que ces rencontres devaient permettre d'engager "dès cette semaine la concertation" avec les acteurs de l'université, en vue d'appliquer la réforme voulue par Nicolas Sarkozy "le plus rapidement possible".

Au cabinet de la ministre, on précisait mercredi que ces rencontres sont des "premiers contacts" et que "tous les sujets sont sur la table".

Selon les indications fournies par le ministère, les différentes organisations doivent être reçues tour à tour durant une heure. La Conférence des présidents d'universités (CPU) ouvrait le bal mercredi à 16h, et devait être suivie jeudi après-midi, côté étudiants, par l'UNEF, la FAGE, la Confédération étudiante (Cé), l'UNI et enfin le PDE.

Vendredi, ce sera au tour de la FSU puis de l'UNSA. D'autres rencontres sont prévues avec les syndicats des personnels non-enseignants et les organisations de chercheurs, mais ce dernier calendrier n'est pas encore définitivement arrêté.
 


Fusion GDF/Suez: "il y a d'autres options"
 
Le Premier ministre François Fillon a déclaré mercredi à propos du projet de fusion entre GDF et Suez qu'il "y a d'autres options". "L'idée de la fusion est une idée qui est valable, que nous ne rejetons pas, mais nous pensons qu'il y a d'autres options", a-t-il expliqué sur Europe-1, jugeant qu'"il n'y a pas urgence à décider".

"On peut encore se donner quelques semaines jusqu'à la fin du mois de juin, au début du mois de juillet, pour examiner les différentes options possibles et prendre les décisions qui s'imposent", a précisé le chef du gouvernement. "Nous ne laisserons pas GDF dans la situation où se trouve cette entreprise aujourd'hui".

Interrogé sur le rôle qu'aura Alain Juppé dans ce dossier, M. Fillon a avancé que "c'est le ministre des Finances qui sera l'artisan de cette fusion, car c'est une question d'organisation financière de l'entreprise, mais Alain Juppé aura son mot à dire sur les aspects stratégiques de la fusion". Le ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables "aura son mot à dire s'il estime que la proposition n'est pas conforme avec la stratégie en matière d'énergie".

Pour sa part, le Parti socialiste a dit s'inquiéter "de la confusion entretenue par le gouvernement autour du dossier Gaz de France". Alors que Nicolas Sarkozy "a maintenu le flou sur ses intentions durant toute la campagne présidentielle, il semble aujourd'hui décidé à pousser les feux de la privatisation de ce fleuron de notre industrie dès le lendemain des élections législatives", dénonce le PS dans un communiqué.

Opposition à toute privatisation de GDF, le PS "renouvelle sa volonté de constituer un pôle public de l'énergie autour d'EDF et de Gaz de France pour assurer le maintien d'un service public garantissant l'égalité tarifaire et la péréquation sur tout le territoire".
 


Fillon se voit en "animateur de la majorité et du gouvernement"
 
Le Premier ministre François Fillon a expliqué mercredi que sa place était d'être "l'animateur de la majorité et du gouvernement", alors que le président de la République "fixe les orientations", fort de "la légitimité la plus forte".

"La présidentialisation, c'est ce que je souhaitais", a lancé François Fillon sur Europe-1, soulignant qu'il voulait, avec Nicolas Sarkozy, "mettre fin à l'hypocrisie" sur un certain nombre de sujets. "Depuis très longtemps, c'est le président de la République parce qu'il a la légitimité la plus forte qui fixe les orientations".

"C'est une hypocrisie de penser que le président de la République n'est pas engagé dans la politique intérieure", qui ne relèverait que de "la seule responsabilité du Premier ministre", a-t-il expliqué. "Dire que le président n'est pas le patron de la majorité, ne pas reconnaître qu'il a besoin d'une majorité pour gouverner est une hypocrisie, qu'il n'est pas un homme politique engagé qui défend un projet, c'est autre hypocrisie".

Le nouveau locataire de Matignon a estimé que "le Premier ministre est l'arbitre", qui "va devant le Parlement et qui engage la responsabilité du gouvernement, pas le président". "Ma place consiste à mettre en oeuvre les projets que nous avons conçus ensemble avec Nicolas Sarkozy, de faire en sorte que le Parlement et la majorité travaillent de manière ouverte et intelligente pour que ses projets aboutissent".

"Ce que je souhaite et ce que souhaite Nicolas Sarkozy, c'est qu'il y ait une unité de commandement, qu'il y ait un patron qui aille défendre ces orientations devant l'opinion publique et qui soutienne le gouvernement, le Premier ministre et les ministres".

Et de lancer: "ma place, c'est celle de l'animateur de la majorité et du gouvernement".

Ecartant toute idée de "docilité", François Fillon a au contraire jugé qu'"il faut être totalement complice avec le Président". "On va faire une équipe comme on n'en aura jamais vue depuis le début de la Ve République".

"Depuis deux ans, Nicolas Sarkozy et moi, on fonctionne comme le président de la République qu'il est aujourd'hui et le Premier ministre que je suis: on a préparé ce moment de façon très précise et très intense; quand il a gagné l'élection présidentielle, les choses se sont mises en place de façon naturelle", a-t-il reconnu.

Désormais, "notre pays a besoin d'un électrochoc, on n'a pas le temps de réfléchir, d'attendre, de prendre notre temps", a conclu François Fillon. "On a réfléchi avant".
 


Service minimum: une loi à la rentrée 
s'il n'y a aucun accord avec les syndicats
 
Le Premier ministre François Fillon a déclaré mercredi que le gouvernement "ne passera pas en force" sur le service minimum mais il proposera un texte en septembre "si les choses ne sont pas faites à la fin de l'été".

"Nous donnons ce temps aux organisations syndicales pour trouver des solutions jusqu'à la fin de l'été. Si à la fin de l'été, si les choses ne sont pas faites, nous proposerons un texte au début du mois de septembre", a-t-il précisé sur Europe-1.

"Nous ne passerons pas en force lors de la session extraordinaire sur la question du service minimum", a assuré le Premier ministre mais "c'est un sujet sur lequel on a réfléchi les uns et les autres pendant 15 ans (...) on ne va pas encore réfléchir pendant neuf mois".

Le nouveau chef du gouvernement a précisé que le gouvernement allait "proposer dans les prochains jours, les principes, l'architecture, de ce qui pourrait être un texte sur le service minimum". "On va soumettre aux partenaires sociaux" mais "on dit 'si vous pensez qu'il y a une autre solution pour arriver au même résultat" à savoir "éviter le conflit et lorsqu'il y a conflit, qu'il y ait un service suffisant offert aux usagers, il n'y aura pas de loi".

"Nous ne sommes pas des maniaques de la réforme législative, ce qu'on veut c'est des résultats", a ajouté François Fillon, qui a rappelé qu'"on s'est engagé vis-à-vis des syndicats à respecter une règle (...) qui consiste à donner un délai aux organisations syndicales, pour le cas échéant se saisir eux-mêmes d'une question que le gouvernement souhaite voir réglée".
 


François Fillon vise une croissance à 3%
 
Le Premier ministre François Fillon a déclaré mercredi que l'objectif du gouvernement était "une croissance à 3%", sans fixer de délai pour l'atteindre.

"Notre objectif, c'est d'aller chercher un point de croissance supplémentaire pour être à 3 comme le sont les grands pays développés", a indiqué François Fillon sur Europe-1.

"On est pour l'instant dans une prévision entre 2,25 et 2,50" pour cent, a rappelé le Premier ministre. "C'est plutôt bien par rapport à ce qu'a connu notre pays dans le passé, mais ce n'est pas bien par rapport à la moyenne des grands pays développés".

Dès la session extraordinaire qui débutera fin juin, François Fillon a précisé que le gouvernement va "proposer un ensemble de mesures fiscales et financières, un vrai choc pour créer cette croissance qui nous manque depuis si longtemps".

"Pendant le mois de juillet, on va proposer la détaxation des heures supplémentaires et (leur) libération", une mesure qui sera "prise cet été et appliquée immédiatement", a-t-il dit. Parmi les autres mesures figurent "la déduction des intérêts d'emprunt immobilier, la suppression des droits de succession, le bouclier fiscal à 50% de tous les revenus, la possibilité pour les gens qui paient l'ISF de réinvestir dans les PME une partie du montant" de cet impôt sur la fortune.
 

© Associated Press (AP)
 
Par Cédric
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Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 18:35


Intervention devant les parlementaires de la majorité présidentielle



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Messieurs les présidents, mes chers amis,


Je vous reçois à Matignon avec émotion, parce que je suis un parlementaire qui connaît quasiment chacun d’entre vous.


J’ai, en effet, le privilège d’avoir siégé 17 ans à l’Assemblée nationale dont je salue le président Ollier, et un peu plus de deux ans au Sénat où je n’ai pas été très assidu. Je veux vous dire, monsieur le président du Sénat, tout l’honneur que j’ai à vous avoir à mes côtés, ainsi que mes collègues sénateurs qui ont aussi leur rôle dans cette campagne législative qui commence en raison de leur influence et de leur poids politique dans nos départements.


Je suis heureux d’accueillir les présidents de groupe, mon ami Bernard Accoyer, Josselin de Rohan, qui ont joué un rôle si important pour assurer la cohésion de la majorité autour de la candidature de Nicolas Sarkozy. J’adresse aussi à Jacques Peletier, président du groupe RDSE, la bienvenue et tous mes remerciements.


Mes amis,


Je sais d’où je viens et avec quels amis j’ai parcouru ce chemin. Mais je n’ai pas voulu vous réunir pour le seul plaisir de vous retrouver. Je vous ai réunis parce que je vais mener la bataille des législatives et je ne vais pas la conduire avec le seul statut de responsable de la majorité, je vais la conduire directement sur le terrain, en étant moi-même candidat aux élections législatives.


J’estime que la morale comme le courage politique me l’imposent.


A mes yeux, le Premier ministre doit être un élu du peuple car ma légitimité c’est aussi celle qui m’est, depuis toujours, accordée par mes électeurs. Je l’ai toujours pensé, et ce n’est pas maintenant que je vais changer de point de vue. Vous allez aller à la bataille, eh bien, j’ai l’intention d’y aller comme vous et avec vous !


Mes amis,


Le 6 mai, la victoire de Nicolas Sarkozy que nous espérions tous est arrivée, et vous y avez fortement contribué.


Cette victoire, elle n’est pas comme les autres. Ce n’est pas une victoire par défaut. C’est une victoire fondée sur une franche adhésion, et non pas, comme c’était le cas depuis si longtemps, sur un rejet.


Après le 21 avril 2002, après la déroute des régionales, après le rejet du traité constitutionnel européen, les Français ont manifesté une étonnante volonté de construire autre chose et autrement.


Par son amplitude démocratique et par sa clarté politique, le succès de Nicolas constitue une occasion historique de transformer la France en profondeur. Je dis bien historique, parce que nous l’avons emporté avec un projet de rupture, avec un projet précis.


De ce fait, nous avons entre les mains un mandat clair, et par là même, la chance de pouvoir changer d’époque. J’ai souvent eu le sentiment que notre pays était entré dans le nouveau siècle avec l’esprit et les pratiques de l’ancien. Eh bien, une métamorphose est désormais possible.


Nous avons aussi la chance de pouvoir redonner plus de souffle et plus de cœur à la politique. La chance de pouvoir bousculer les résistances et les tabous qui figent la société française depuis des décennies. La chance de pouvoir imprimer des valeurs : celles du travail et du mérite, celles de l’effort et du courage, celles de la responsabilité et du respect.


Cette opportunité est décisive car - et c’est bien là tout son drame - la gauche n’a pas seulement perdu une élection, elle a, par son refus d’ouvrir les yeux sur le monde, par son conservatisme borné, perdu la bataille idéologique. Elle a perdu la bataille des valeurs. Pour tout dire, elle a perdu son magistère intellectuel et moral.


Eh bien c’est à nous maintenant de démontrer qu’une autre façon d’être, une autre façon d’agir, une autre façon de penser, peuvent être les ressorts d’une France nouvelle.


Nous avons enfin la chance, mes chers amis, de pouvoir nous attaquer aux racines des problèmes qui handicapent notre pays depuis 25 ans. Sur l’emploi, sur l’égalité des chances, sur la sécurité, sur la réforme de l’Etat, sur l’identité nationale, nous pouvons aller au fond des choses. C’est à dire que nous pouvons réorienter fortement le cours de notre destin national.


Je suis sûr que vous l’avez ressenti sur le terrain comme moi : aujourd’hui, les Français ne nous regardent plus tout à fait de la même façon. Ils se disent : "ceux-là, ils vont peut-être changer le pays !".


Au nom du président de la République et au nom des conditions nettes et franches de sa victoire, je vous demande donc de situer cette campagne législative au niveau où elle doit être, c’est-à-dire au plus haut niveau politique.


Notre devoir est de nous montrer à la hauteur de cette formidable attente. Cette attente, mes amis, elle exigeait un choc politique immédiat. Un choc démontrant que l’élection de Nicolas Sarkozy bousculait tout, y compris les vieux clivages politiques qui plaisent tellement à la gauche.


Dans sa défaite, la gauche attendait la droite classique au pouvoir pour remonter la pente aux législatives. Elle escomptait encore et toujours nous diaboliser, nous stigmatiser, nous caricaturer. La gauche attendait une vieille droite, crispée, dogmatique, la voici devant une droite et un centre modernes et conquérants ! Une droite et un centre modernes, sûrs d’eux-mêmes, rassemblant tous les Français, quelles que soient leurs sensibilités politiques, une droite et un centre modernes décidés à réconcilier dans une synthèse nouvelle, la liberté économique et la justice sociale, la croissance économique et le développement durable, la fierté nationale et l’engagement européen, l’identité française et l’universalisme.


Oui, la gauche attendait, espérait, que nous retombions dans les clichés et dans les habitudes d’autrefois, et voilà que la nomination du gouvernement annonce avec fracas une nouvelle donne politique.


C’est un gouvernement, d’abord, qui respecte la parité entre les hommes et les femmes Cette parité légitime et nécessaire, tout le monde en parlait, et la gauche n’était pas la moins avare de conseils en la matière. Eh bien voici que c’est nous qui l’avons concrétisée, et vous pouvez en être fiers. La nomination de Rachida Dati, au poste de garde des Sceaux, ministre de la Justice, a un sens qui honore la France républicaine que j’aime et que je veux. C’est la France du mérite, c’est la France riche de ses différences et c’est la France qui mobilise tous ses talents.


C’est un gouvernement resserré parce que lorsque la tâche est aussi exigeante, il faut une équipe de mission. Il faut une équipe où la collégialité ne soit pas simplement un mot mais la réalité de tous les instants. Une équipe où le débat soit possible. Une équipe qui assume collectivement les décisions stratégiques dont elle a débattu.


C’est un gage d’efficacité, c’est un gage de modernité. Je suis fier que, dans ce domaine aussi, nous ayons décidé d’innover.


C’est un gouvernement qui place au premier rang de ses priorités l’écologie, le développement et l’aménagement durables. C’est une véritable révolution, ne vous y trompez pas, qui va nous permettre de passer de l’époque des colloques et de la prise de conscience à celle de l’action.


C’est enfin un gouvernement d’ouverture. Il faut beaucoup de force et beaucoup de grandeur pour ne pas céder à la tentation partisane lorsque la victoire est là. Et cette force, Nicolas Sarkozy l’a eu.


Il faut aussi être animé par un profond sens de l’intérêt général pour ne pas se limiter à son camp et à sa famille quand vous avez la possibilité d’imposer vos vues à ceux qui vous ont combattu autrefois. Ce sens de l’intérêt général, Nicolas Sarkozy l’a eu, et avec lui, vous l’incarnez plus que n’importe qui, et vous en serez les interprètes dans vos circonscriptions.


Cette ouverture est le symbole d’une profonde recomposition politique et intellectuelle que nous avons décidé de provoquer. Nous l’avons réalisée comme aucun autre gouvernement ne l’avait fait.


D’Alain Juppé à Bernard Kouchner, d’Hervé Morin à Eric Besson, nous avons bousculé toutes les frontières partisanes. La gauche hurle au débauchage, elle se déchaîne sur ses propres amis d’hier. Mais il y a un mois, le parti socialiste proposait de gouverner avec le centre. Aujourd’hui, il insulte celles et ceux qui ont eu le courage de nous rejoindre. Ce qui était une bonne idée hier lorsqu’elle venait de la gauche, est désormais une manœuvre et une hérésie parce qu’elle vient de la droite. Cette mauvaise foi et cette agressivité sont la preuve que nous ne sommes pas dans le gadget mais dans une très sérieuse remise en cause des clivages intellectuels et politiques.


L’ouverture, mes amis, est une chance pour notre famille politique, pour notre gouvernement, et surtout pour notre pays. Nos concitoyens attendent de leurs responsables politiques qu’ils cessent de manier l’exclusive et qu’ils pratiquent le dialogue, la synthèse, le travail en équipe. Eh bien c’est ce nous voulons faire avec cette large majorité présidentielle qui rassemble gaullistes, centristes, libéraux, radicaux, personnalités de gauche, mais aussi nos amis de l’UDF qui, avec responsabilité et hauteur de vue, nous ont rejoints pour amplifier cette dynamique.


Cette ouverture, elle s’effectue dans la diversité mais elle s’engage aussi, je veux vous le dire, dans la clarté. Ceux qui nous rejoignent le font sur un projet que nous avons porté durant notre campagne.


C’est un projet fondé sur la vérité. La vérité sur les défis considérables que nous lance la mondialisation. La vérité sur l’état de notre pays qui, en bien des domaines, a décroché par rapport à d’autres grandes nations. La vérité sur la nécessité de nous retrousser les manches si nous voulons vivre debout et non pas à genoux.


C’est un projet dont la clarté nous impose un devoir : celui de l’accomplir.


Nous avons trois priorités immédiates qui seront, je l’espère, au cœur de vos travaux législatifs durant la session extraordinaire du parlement.


La première, c’est la sécurité des Français. Face à la violence et à la délinquance, il n’y a qu’une solution : il ne faut pas reculer d’un millimètre. Face à la violence et la délinquance, nous allons tout simplement faire ce que nous avons dit ! La question des mineurs délinquants et celle des multirécidivistes seront traitées dès le mois de juillet.


La seconde priorité, c’est la revalorisation du travail. Là, le temps des hésitations est fini ! Nous visons, d’ici cinq ans, le plein emploi et nous sommes bien décidés à nous en donner les moyens. Nous l’avons dit et nous le ferons tout de suite : nous allons libérer les heures supplémentaires. A l’automne, tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le pourront ! Cette mesure, vous le savez bien, c’est beaucoup plus qu’une mesure technique, c’est une véritable révolution culturelle !


En France, la valeur travail est de retour ! C’est elle qui nous permettra d’aller à la conquête de la croissance ; c’est elle qui nous permettra de sortir de la paupérisation salariale ; c’est elle qui nous permettra de financer notre pacte social.


Dans un même élan, nous allons vous proposer de défiscaliser le travail étudiant, de favoriser le cumul entre l’emploi et la retraite, de prévoir la déduction des intérêts d’emprunts immobiliers, de supprimer les droits de succession, d’instaurer le bouclier fiscal à 50 % de l’ensemble des revenus et l’investissement direct dans le capital des PME. Et ce, dès la session extraordinaire.


Il s’agit pour nous de provoquer un choc de confiance - pardonnez-moi cette comparaison qui va peut-être faire frémir les plus anciens d’entre nous -, un choc de confiance du même ordre que celui qui avait permis en 1958 d’initier une longue période de prospérité restée dans l’histoire comme "les trente glorieuses".


Cette dynamique économique sera complétée par une réforme fondamentale : celle de nos universités. Depuis plus de vingt ans, rien n’a bougé en la matière. La France a décroché sur le plan universitaire et scientifique. Les universités françaises qui étaient les meilleures du monde ont disparu dans la profondeur des classements internationaux.La démocratisation de l’enseignement supérieur est venue se briser sur le mur de l’échec qui frappe près de 50 % de nos étudiants en première année de licence.Eh bien le temps de l’action est venu !


En libérant le travail, en redonnant toute sa place à la recherche et à l’innovation, nous allons créer un "choc de croissance" qui constituera le socle à partir duquel la poursuite des réformes s’enclenchera.


L’une d’entre elles est d’actualité : c’est celle du service minimum. Sur cette question, je souhaite, avec le président de la République, une solution qui réponde à l’attente des Français. Le droit de grève est indiscutable, mais la continuité du service public ne l’est pas moins.


Vous me connaissez : je suis un homme d’écoute, je ne suis pas un idéologue ! Mais je suis aussi un réformateur décidé. Décidé à tenir nos engagements. Décidé à toujours choisir l’intérêt général contre les intérêts particuliers, aussi légitimes soient-ils !


L’élection présidentielle nous a donné un mandat qui n’est pas contestable. J’en serai, avec vous, le garant. Dans cette campagne, je vous invite à vous présenter comme les acteurs fidèles de ce mandat.


Vous le savez tout comme moi, les Français ne supportent plus les renoncements, ils ne supportent plus les capitulations devant une pensée unique qui n’a réussi qu’à accroître les injustices et les inégalités qu’elle prétendait combattre. Notre feuille de route est claire. Nous allons l’appliquer !


Mes chers amis,


Une nouvelle campagne électorale a commencé. Elle exige une mobilisation totale. Elle exige de ne pas céder au triomphalisme. Elle exige de ne pas céder à la facilité. Elle exige que nous allions au devant de ceux que notre victoire a ébranlés ou bien, à tort, inquiétés. Elle exige que nous allions au devant de tous les électeurs avec la volonté de convaincre et non pas de vaincre. Car il ne s’agit pas de battre une France contre une autre. Il s’agit au contraire d’entraîner dans notre sillage le plus grand nombre de bonnes volontés.


Face aux appels dérisoires à la "résistance", nous allons inviter les Français à construire une espérance commune. Face à ceux qui, à gauche, rêvent d’une cohabitation stérile, nous allons rassembler une majorité claire et ouverte à tous les talents.


Les Français ont voté pour la rupture, eh bien dites-leur que nous la concrétiserons !


Les Français ont voté pour le changement, eh bien dites- leur que nous allons l’engager !


Les Français ont voté pour des réformes, dites-leur que nous allons réformer !


Les Français ont voté pour réhabiliter le travail, dites- leur que nous allons le faire !


Les Français ont voté pour l’identité de la France, dites- leur que nous allons la réanimer !


Les Français ont voté pour l’autorité de l’Etat, dites- leur que nous allons la restaurer !


Les Français ont voté pour que le défi de l’environnement soit relevé, dites-leur que nous sommes décidés à être à la hauteur de l’enjeu.


Les Français ont voté pour une transformation de notre pacte social qui redonne à la justice et à l’égalité des chances une crédibilité, dites-leur que nous allons le transformer !


Les Français ont voté pour que la voix de la France soit respectée en Europe et influente dans le monde. Vous avez pu constater que, sans attendre, le président de la République a déjà pris des initiatives pour replacer notre pays au cœur de l’Union européenne. Eh bien dites à nos concitoyens que nous ferons entendre la voix de notre nation partout où les valeurs qu’incarne la France sont attendues !


Vous êtes les candidats du changement et de l’espoir. Le projet présidentiel dont vous êtes, chacun dans votre circonscription, le porte-parole, est un projet de rassemblement et d’audace.


Le président de la République a besoin d’une majorité décidée et créative. Il a donc besoin de vous. Vous pouvez compter sur moi : je vais m’engager totalement parce que j’ai la certitude que vous en ferez autant. Et je veux vous dire qu’ensemble, nous allons aller chercher la victoire.

Par Cédric - Publié dans : Discours
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 19:05


François Fillon veut créer un "choc de croissance"



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PARIS (Reuters) - Le Premier ministre, François Fillon, assure que le gouvernement se donnera les moyens de parvenir au plein emploi dans les cinq ans et de créer "un choc de confiance" et "un choc de croissance" pour mener à bien les réformes promises par Nicolas Sarkozy.

 

"Nous visons, d'ici cinq ans, le plein emploi et nous sommes bien décidés à nous en donner les moyens. Nous l'avons dit et nous le ferons tout de suite : nous allons libérer les heures supplémentaires", a-t-il déclaré devant les parlementaires de la majorité présidentielle réunis à Matignon.

"A l'automne, tous ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus le pourront! Cette mesure, vous le savez, c'est plus qu'une mesure technique, c'est une révolution culturelle"!", a-t-il lancé.


"Il s'agit de provoquer un choc de confiance du même ordre que celui qui avait permis en 1958 d'initier une longue période de prospérité restée dans l'Histoire comme les 'Trente glorieuses'", a-t-il poursuivi.


Les "Trente Glorieuses" se sont en fait déroulées de 1945 à 1975. L'économiste français Jean Fourastié créa cette expression pour désigner la trentaine d'années d'expansion économique que connut la France, avec un plein emploi permanent. Cette période prit fin avec le choc pétrolier de 1973 né de la guerre du Kippour.


"Dans le même élan, nous vous proposerons de défiscaliser le travail étudiant, de favoriser le cumul entre l'emploi et la retraite, de prévoir la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers, de supprimer les droits de succession, d'instaurer le bouclier fiscal à 50% de l'ensemble des revenus et l'investissement direct dans le capital des PME", a rappelé François Fillon, nommé à la tête du gouvernement jeudi dernier.


"En libérant le travail, en redonnant toute sa place à la recherche et à l'innovation, nous allons créer un 'choc de croissance' qui constituera le socle à partir duquel la poursuite des réformes s'enclenchera", a-t-il souligné.


S'agissant du service minimum, François Fillon a dit souhaiter "une solution qui réponde à l'attente des Français" avec le souci d'agir en "homme d'écoute", pas en "idéologue".


"Le droit de grève est indiscutable, mais la continuité du service public ne l'est pas moins", a-t-il dit, se présentant comme "un réformateur décidé".


"Décidé à tenir nos engagements. Décidé à toujours choisir l'intérêt général contre les intérêts particuliers, si légitimes soient-ils".

Par Cédric
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Lundi 21 mai 2007 1 21 /05 /Mai /2007 21:39


Le Premier Ministre mercredi sur Europe 1 à 8h20
 


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Le nouveau Premier ministre, François Fillon sera mercredi matin en direct sur Europe 1, l'invité de Jean Pierre Elkabbach.


Il accorde sa première interview radio à la station de la rue François 1er à partir de 8h20, en direct.

Par Cédric
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